Guéridon à plateau basculant
Origine / signature : Joseph Gengenbach, dit Canabas (1712-1797, maître en 1766)
Epoque : Louis XVI, ca 1785
Matériau(x) : Acajou massif
Dimensions : 70,5 cm (hauteur) x 60,5 cm (diamètre du plateau)
Particularités : Élégant guéridon à fût colonne central reposant sur un piètement tripode en forme de jambe de femme. Le plateau est basculant, retenu par un loquet, de manière à le déplacer et le remiser plus facilement.
Ce type de guéridon, qu’on appelle aussi « table à thé » ou « table à déjeuner » apparaît à la fin du XVIIIe siècle, au cours du règne de Louis XVI. Il constitue l’une des expressions les plus marquantes de l’anglomanie alors en vogue en France dans ces années, la mode du thé, venu des Indes via l’Angleterre, se propageant dans l’hexagone dès 1780. En 1774, Roubo* fournit déjà la description de ce qu’il nomme « table ou guéridon à l’angloise » : « On fait encore d’autres Tables ou Guéridons nommées à l’Angloise, apparemment parce qu’elles ont été inventées en Angleterre. Ces Tables […] ont deux mouvements, l’un horizontal, & l’autre vertical. » — le mouvement vertical permettant évidemment de faciliter le rangement du meuble après usage (voir illustration ci-contre). La gouache sur papier de Jean-Baptiste Mallet, L’Amour au petit point, conservée au Musée Cognacq-Jay à Paris, témoigne de l’importance que ce petit meuble avait pris dans les salons de compagnie à la fin de l’Ancien Régime. Entre femmes, on boit du thé, du café ou du chocolat autour d’un guéridon, on converse et on brode « l’Amour » au petit point.
Très belle qualité d’acajou. Estampille et poinçon de la jurande des menuisiers et ébénistes de Paris.
Etat : Parfait
Restaurations : Restaurations d’usage sous le plateau, destinée à resserrer le plateau. Beau verni au tampon.
Prix : Vendu.
* Jacques-André Roubo, L’Art du Menuisier ébéniste, IIIe section de la IIIe partie de l’art du menuisier, Paris, 1774.




