L'Amateur, tu l'auras deviné, c'est moi. Si. Au reste, dans ces Chroniques, point de « nous » d'auteur ou de modestie. Ou rarement. Ou alors pour rire. Car les Chroniques, c'est l'envers de mon site professionnel. Le côté « cour », si tu veux. Mais pas n'importe quelle cour non plus, cela va sans dire. Ici, on est plutôt dans la cour d'honneur, tu vois. Pavée de pierre (et de quelques bonnes intentions), et agrémentée d'orangers dans leurs caisses ornées de laiton. Mais c'est aussi une cour dans laquelle il fait bon jouer et s'amuser. Alors ne te formalise pas, mon lecteur, mon semblable, mon frère[1], si je te tutoie. En revanche, tu peux continuer de me vouvoyer.
« Soit, me diras-tu. L'Amateur, c'est vous, c'est entendu. Mais encore ? De grâce, cher Maître, mettez vite un terme à ce cruel suspens[2] que vous nous[3] imposez ! » Ah bigre ! Quelle impatience ! Quelle impétuosité ! Quelle soif de savoir ! Fort bien. Je n'en attendais pas moins de mon lecteur. Pour un peu, je te pincerais affectueusement l'oreille. Alors d'accord, puisque tu le demandes gentiment, je consens à satisfaire ta curiosité. Un peu.
Alors pourquoi « L'Amateur » ? Simplement parce que c'est le substantif qui me résume le mieux, je pense. Selon la définition lapidaire du Dictionnaire universel d'Antoine Furetière[4], un amateur est une personne « qui aime quelque chose ». Amateur, un bien joli mot auquel notre société de technocrates a décidé de faire un sort, mais qui conserve aux yeux des âmes sensibles l'attrait réconfortant d'un vieux vêtement de bonne coupe.[5] Et plus concrètement, c'est un homme de quarante-cinq ans (du moins en ce beau début d'année 2008), épris depuis l'enfance de jolies choses, d'histoire, de littérature et de plein d'autres trucs.
Sinon, que te dire ? Tu n'as tout de même pas cru, en ouvrant cette page, que j'allais t'infliger un curriculum vitae en bonne et due forme, n'est-ce pas ? Si ? Tu voulais déjà m'offrir un emploi ? Bah, n'y pense plus ! De toute façon, je suis hors de prix et j'ai en horreur les structures hiérarchiques dont je n'occupe pas le sommet.
Qu'il te suffise donc, pour le moment, de savoir que j'ai une formation d'historien de l'art acquise en Suisse, où je vis, et à Paris. Que j'ai travaillé une dizaine d'années sur une sorte de paquebot culturel helvétique à vocation patrimoniale en tant que « collaborateur scientifique »[6]. Et que, lassé de l'administration et du « new public management » dont on nous rebattait les oreilles, j'ai décidé d'exploiter un peu les quelques lacunes qu'il y avait dans mon inculture en m'établissant à mon compte. C'est ainsi que depuis sept ans, je vis de ma passion en tant qu'expert en arts anciens. Eh oui, malgré que j'en aie, il y a aussi du professionnel en moi. Le titre, là-haut, n'est pas uniquement le fruit de mon goût immodéré pour les oxymores.
Enfin, tu l'auras peut-être noté, mon siècle d'élection est le XVIIIe, et bon nombre de mes billets, je pense, y feront référence. « Celui qui n'a pas vécu pendant les vingt ans qui ont précédé la Révolution, n'a pas connu la douceur de vivre. » Ce mot de Talleyrand est faux à bien des égards. Mais peu importe. Il continue de perpétrer sa sorcellerie évocatoire auprès de quelques-uns d'entre nous. Dont tu feras peut-être partie un jour — qui sait ?
Voilà. C'est tout pour l'instant. Cette rubrique évoluera vraisemblablement en fonction de mes humeurs. On verra. En attendant, tu peux reprendre le cours normal de tes activités, ou même, si le cœur t'en dit, la lecture de ces Chroniques.
Merci de ta visite. — Et n'oublie pas de donner cent sous au suisse en sortant.







